Le Noël tragique des chrétiens d’Orient

RÉCIT – Après avoir fui l’Irak et la Syrie, ravagés par les guerres, les Libanais quittent aujourd’hui leur pays en faillite, réduisant d’autant la présence chrétienne sur ces terres.

Menaces islamistes, violences persistantes, banqueroute financière: de Beyrouth à Bagdad, en passant par Le Caire et Damas, les chrétiens d’Orient s’apprêtent à vivre un Noël dans la crainte d’un avenir toujours plus sombre pour les descendants de Jésus, de moins en moins nombreux à s’accrocher à leurs terres levantines.

À Beyrouth, Sonia n’a pas vraiment le cœur à fêter Noël. «Tout a changé cette année, nous ne sommes plus dans les célébrations matérielles, nous nous regroupons autour de la famille, nous sommes dans l’essence même de Noël, car il n’y a plus rien à fêter dans le pays», ajoute cette avocate libanaise, jointe au téléphone. Son bureau a été dévasté par l’explosion du port qui ravagea des quartiers entiers de la capitale, causant la mort de 200 personnes, en août dernier. «Les autres années, se souvient-elle, on allait dans les pubs, les restaurants, on achetait davantage de cadeaux pour les enfants.»

Le Liban est plongé dans la pire crise économique et financière de ces quarantes

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